|
|
 |
Exploration d'oeuvres de Paul Gauguin par le Museum Wearable de Flavia Sparacino d'après les reproductions numériques artistiques d'Etienne Trouvers
Concepteur du Wearable Museum : Flavia Sparacino.
Auteurs des scénarii : Etienne Trouvers, Laurence Tardy.
Montage et réalisation : Nicolas Binet (6ruecourat) et Jérôme Leclercq (Caméra buissonière).
Artisan tireur chromiste : Philippe Massat, Atelier Vimagie.
Collaboration originale entre le Museum Wearable représenté par Flavia Sparacino, directrice artistique et scientifique de la compagnie Sensing Places et chercheur au MIT, et le travail de reproduction d'oeuvres originales de Paul Gauguin selon le principe d'estampe en impression numérique ou répliques numériques artistiques (RNA) mise au point par l'artiste Etienne Trouvers.
Le Museum Wearable est un dispositif portable de réalité augmentée capable de donner au visiteur un contenu audiovisuel dynamique et reconfigurable, délivré en fonction de son parcours dans l'exposition. Lorsque l'utilisateur observera une oeuvre d'art, il pourra également voir à travers un dispositif la projection virtuelle sur le mur d'un commentaire audiovisuel qui documente et explique ce qu'il regarde. Le fonctionnement du Museum Wearable repose sur des /location bulbs/ qui permettent de localiser le visiteur dans l'espace d'exposition. Il n'a ainsi plus besoin d'appuyer sur un bouton pour lancer une animation, ou de passer par tout autre interface de ce genre. En résumé, le Museum Wearable peut être considéré comme la version la plus avancée du traditionnel audioguide car il délivre de manière automatique grâce aux /location bulbs/ des informations à la fois visuelles et sonores. En personnalisant la visite du musée, et en la rendant plus attractive, intelligible, grâce à ces mini-documentaires focalisés sur des objets bien précis, ce dispositif offre une alternative à la fois ludique et pédagogique à l'expérience de musée traditionnelle.
Rendus possibles par la plasticité du traitement numérique de l'image et par le seuil qualitatif des matériaux, les reproductions numériques artistiques imaginées par Etienne Trouvers sont des oeuvres d'art qui correspondent aux critères du mode de vie contemporain, tout en maintenant le plus haut niveau d'exigence esthétique. La réalisation du portfolio Paul Gauguin, mis en dépôt au Cabinet des Estampes de la Bibliothèque nationale de France, a récemment réduit de façon saisissante l'écart perceptible entre une oeuvre et sa copie, en reproduisant toute la complexité chromatique de l'art pictural.
Flavia Sparacino et Etienne Trouvers se proposent ainsi d'explorer les peintures tahitiennes de Gauguin : /Ta Matete/ (Le Marché), /Te Nave Nave Fenua/ (Terre délicieuse) et /Les seins aux fleurs rouges/. Cet échange stimulant ne manquera pas d'interroger le statut et la place de l'image contemporaine dans son rapport à l'oeuvre d'art originale, à l'ère de sa reproduction numérique.
Ta Matete, Paul Gauguin, Kunstmuseum, Bâle. RNA d'Etienne Trouvers, novembre 2004. Crédits photographiques : Isabel Duarte.
Une révolution dans l'art du multiple : L'art pictural revisité
A l'occasion du centenaire de la mort de Paul Gauguin, l'artiste visuel Etienne Trouvers a créé trente et une répliques numériques des peintures de Gauguin, en taille réelle. Elles sont exposées dans l'Espace culturel Paul Gauguin inauguré le 8 mai 2003 sur l'île d'Hiva Oa, dans l'archipel des Marquises.
Ce travail réalise ce qui était considéré comme impossible jusqu'ici : re-produire l'art pictural dans toute sa richesse et sa subtilité chromatique, au frôlement de pinceau près. Ainsi se trouve initier un nouvel art de l'interprétation picturale et de la transmission patrimoniale.
Dans une synergie entre opérations artisanales et moyens d'analyse par logiciel d'images, servie par une authentique sensibilité, l'approche formelle d'Etienne Trouvers implique : repérages, manipulations et interactions esthétiques. Le niveau d'exigence et d'engagement de l'artiste visuel aboutit ainsi à la création d'une oeuvre absolument nouvelle, fruit d'un fait-main-machine ouvrant des perspectives inattendues.
Les répliques numériques artistiques (RNA) d'oeuvres majeures du patrimoine, tout comme les multiples artistiques numériques (MAN) issus de sa création personnelle, répondent aux critères actuels de l'estampe (tirage sur papier authentifié et limité, recherche qualitative, etc.).
La réalisation de ces estampes en impression numérique rejoint, par ailleurs, une vielle utopie des artistes : mettre à la portée de nouveaux amateurs les raffinements d'un art dont l'accès était réduit ou impossible.
C'est avec enthousiasme, qu'à l'occasion d'ICHIM05, Etienne Trouvers collabore au travail expérimental de Flavia Sparacino pour servir le Patrimoine culturel avec le Wearable Museum.
Quatre vidéos, d'une durée respective de 4'30'' à 2'30'', sont proposées :
- Introduction : contexte de réalisation des RNA d'après l'oeuvre de Paul Gauguin ; - Ta Matete, de l'usage de la convention (égyptienne) à des fins subversives ; - Te Nave Nave Fenua, Gauguin et la référence à l'échelle des proportions ; - Les Seins aux fleurs rouges, Gauguin et la question du sentiment de la couleur.
Remerciements à ICHIM et à Christophe Leclercq, Marianne Serra, Guillaume Herda, Kinga Grzech.
|
 |
| Biographie
|
|
Flavia Sparacino and Etienne Trouvers
---------------------------
Flavia Sparacino Website
Flavia Sparacino est conceptrice d'expériences et d'espaces interactifs. Elle dirige Sensing Places, une entreprise dérivée du MIT, spécialisée dans les arts numériques et les technologies, qui conçoit des espaces narratifs et interactifs utilisant des capteurs d'ambiance et de corps, des modèles statistiques, des médias interactifs, et des graphiques en 3D. Elle s'intéresse en particulier aux interfaces naturelles entre l'homme et la machine, qui utilisent des techniques non encombrantes (vision par ordinateur et capteurs sans fils) afin de comprendre la présence, le mouvement et l'attitude des gens. Flavia Sparacino a conçu la première table interactive pour l'exposition Unprivate House qui se déroula au MOMA (1999), en s'appuyant sur le prototype qu'elle avait mis au point pour Unbuilt Ruins (MIT Compton Gallery 1999). Elle a également mis au point les prototypes interactifs pour l'exposition Points of Departure du SFMOMA (2001). Elle a plus récemment désigné l'installation numérique interactive pour l'exposition Puccini Set Designer de La Scala de Milan, comprenant des ordinateurs transportables tels des combinaisons, un cinéma immersif, et une table présentant des documentaires vidéos. Actuellement, elle est conservatrice et consultante en technologie pour divers musées aux Etats-Unis et en Europe. Flavia Sparacino qui a préparé son doctirat au MIT Media Lab détient cinq diplômes universitaires ainsi qu'un titre honoris causa. Née en Italie, elle fut nommée en 2000, Chevalier de la République d'Italie (Cavaliere della Repubblica) par le président Carlo Azeglio Ciampi, pour sa contribution aux expérimentations sur l'art et la culture avec les nouvelles technologies.
---------------------------
Etienne Trouvers Website
Etienne Trouvers vit et travaille à Paris depuis 1973. Après 1978, diplômé de l'Ecole nationale supérieure des beaux-arts de Paris avec la meilleure mention, il décide néanmoins d'approfondir encore la connaissance de son art par la copie d'étude au musée du Louvre (oeuvre de Mantegna, Quarton, Poussin, Delacroix, Ingres, puis Braque, etc.). Là, il met au point une pédagogie de l'image : Approche visuelle de la peinture, publiée par la direction des musées de France en 1989, approche qu'il enseigne au sein des ateliers libres du musée du Louvre jusqu'en 1994.
|
 |
|